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François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate était l'invité de Laurent Bazin sur iTélé, jeudi 12 novembre.
François Bayrou s'est exprimé sur la campagne de vaccination contre la grippe A, sur les déclarations d'Eric Raoult à l'encontre de l'écrivaine Marie Ndiaye, sur la célébration franco-allemande
du 11 novembre, sur la future présidence de l'Union européenne, et sur la probabilité d'une manipulation des sondages par le pouvoir.
François Bayrou est enfin revenu sur les élections régionales où le Mouvement Démocrate aura des listes autonomes au premier tour, tout en prônant une alternance indispensable pour la France en
2012.
Sur les sondages commandés par l'Elysée : le Président du Mouvement Démocrate a estimé "normal" et "nécessaire" le principe d'une commission d'enquête sur les sondages de l'Elysée, en invoquant
un "problème démocratique profond".
"L'exécutif vit avec l'argent du budget des Français et il n'y a donc rien non seulement de plus normal mais de plus nécessaire que de voir le parlement enquêter pour savoir ce que l'on fait de cet argent", a-t-il affirmé, ajoutant "si le parlement n'est pas là pour contrôler l'exécutif, à quoi sert-il?".
"Je l'ai dit pendant la campagne présidentielle (...) il y a en France une utilisation anormale de l'argent consacré aux sondages et je suis persuadé que c'est un problème démocratique profond", a-t-il ajouté. "On a donc raison d'aller regarder de près la manière dont l'Elysée utilise l'argent des sondages".
"Il n'est pas sain que les instituts de sondages doivent considérer l'exécutif comme un client". "Que l'exécutif soit le plus gros clients de beaucoup d'instituts de sondages, il y a là quelque chose qui fausse les choses et les perspectives", a-t-il conclu sur ce sujet.
Sur les propops d'Eric Raoult à l'encontre de l'écrivaine Marie Ndiaye : François Bayrou a affirmé que "le devoir d'un écrivain, c'est de s'exprimer en toute liberté. Ce n'est pas un devoir de réserve, c'est un devoir de liberté".
"Qui sont ces gens qui veulent perpétuellement verrouiller la parole de ceux dont le devoir est de prendre la parole", a jugé François Bayrou.
Il a estimé n'être "pas choqué" par la teneur des propos de Mme NDiaye, même s'il ne "partage pas pour autant les adjectifs". "Quand un écrivain s'exprime, il peut avoir comme d'autres des écarts, de la colère".
"Mais je dis qu'un responsable politique UMP qui veut faire taire un intellectuel, c'est ne rien comprendre à ce qu'est la démocratie de l'esprit dans un pays", a précisé François Bayrou, ajoutant que "la démocratie de l'esprit, ça oblige à considérer qu'un écrivain, une femme ou un homme libre de sa pensée et de son expression, a la devoir de s'exprimer. On n'est pas dans un pays où on verrouille", a-t-il poursuivi.
"La France de Nicolas Sarkozy dérive en ce qu'elle ne respecte pas un certain nombre de principes auxquels nous sommes tous très attachés", a-t-il conclu.