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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 12:28

François Bayrou a répondu aux questions du quotidien "Le Parisien", mardi 19 janvier :

Le Parisien : N'avez-vous pas l'impression que Ségolène Royal vous a « détroussé » en ralliant à sa liste des militants du MoDem ?
François Bayrou :
Ce sera surtout un coup d'épée dans l'eau puisque, comme dans toutes les régions, il y aura une liste MoDem en Poitou-Charentes au premier tour.
Elle sera conduite par Pascal Monier, un jeune et brillant universitaire enraciné à Angoulême comme à Poitiers. Un autre candidat à la candidature, dépité de n'avoir pas été choisi, est allé se rallier à Ségolène Royal ? Le mettre en scène, c'est du débauchage, pas le rassemblement. C'est bien ce qu'elle reprochait sur tous les tons à Sarkozy ! Quant à s'inviter constamment là où l'on n'est pas invitée, ce n'est pas une politique. Ça risque tout au plus de devenir un tic. Nous défendons un projet, une idée politique, démocrate et au centre, et cette idée ne saurait se ranger derrière le PS.

 

Le Parisien : Pourtant vous lui aviez proposé un arc centriste. Elle vous a pris au mot ?

François Bayrou : Le rassemblement commence par le consentement. Il faut que chacun soit respecté dans son identité, ses projets et ses candidats. Notre choix est celui du pluralisme, pas de l’alignement. Et c’est ce choix que nous voulons donner aux électeurs au premier tour.

Le Parisien : Avec qui ferez-vous alliance au second tour en Poitou-Charentes ?

François Bayrou : Avant de parler du deuxième tour, vivons le premier. On a besoin de renouvellement des idées et des personnes, y compris en Poitou-Charentes. Nous aurons la liberté de choix : soit le maintien au deuxième tour, soit une alliance constructive.

Le Parisien : D’autres responsables MoDem, par exemple de Cap 21, sont en dissidence. Ces régionales semblent à haut risque pour votre parti ?

François Bayrou : Comme dans tous les partis, à l’heure des élections, il y a des amertumes et des gens allant chercher des avantages ailleurs. Ce sont des démarches personnelles mues par des intérêts personnels. Il faut le prendre avec le recul nécessaire. Tous les votes sur notre ligne autonome et libre ont été unanimes.

Le Parisien : Ce week-end, Vincent Peillon organise un nouveau rendez-vous pluraliste. Irez-vous ?

François Bayrou : Je n’ai pas été invité.

Le Parisien : Qu’avez-vous pensé du « lapin » qu’il a posé à France 2 ?

François Bayrou : Quand on a pris un engagement, c’est mieux de le tenir. En même temps, en ces temps où l’on ne respecte plus rien, considérer qu’il y a crime de lèse-majesté dès qu’on dit un mot plus haut que l’autre sur les médias me paraît un peu abusif. Quant au débat sur l’identité nationale, tout le monde voit bien pourquoi on l’avait inventé et comment il dérape. Je n’accepte pas d’en faire un sujet d’affrontement entre Français où l’islam sert de repoussoir. L’identité nationale de la France, c’est le creuset où notre peuple se forme, à partir de tant d’origines différentes, autour d’un idéal, la République démocratique, sociale et laïque, et d’une langue, le français. C’est quelque chose qui devrait souder, pas quelque chose qui dresse les gens les uns contre les autres.

Le Parisien :
Martine Aubry a relancé le vote des étrangers aux élections locales. Nourrit-elle ces affrontements ?

François Bayrou : C’est encore choisir un sujet qui fait conflit. Il est au programme du PS depuis 1981 et après dix-sept ans de pouvoir les socialistes ne l’ont pas appliqué.

Le Parisien : Voyez-vous en elle la Merkel française ?

François Bayrou : Je la respecte, même si je n’ai pas toujours les mêmes idées qu’elle…

Propos recueillis par Martine Chevalet.

Par MoDem76-5 - Publié dans : Echanges
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