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Dans une interview accordée vendredi 15 mai au Figaro, Marielle de Sarnez, tête de liste européenne du Mouvement Démocrate en Ile-de-France, revient sur les élections européennes du 7 juin prochain, ainsi que sur la situation de l'opposition en France. (Lire la suite)
Le Figaro : Le MoDem est devenu la cible de nombreuses attaques du PS…
Marielle de Sarnez : C'est la preuve que le renouvellement que nous portons les inquiète. Le Parti socialiste traverse aujourd'hui une crise profonde, encore plus profonde sans doute qu'on ne le
croit. Le PS a du mal à trouver sa place dans la campagne pour les élections européennes. Ils utilisent donc à l'égard du MoDem des arguments dont ils savent parfaitement qu'ils sont de mauvaise
foi.
En attendant, ils vous accusent de voter à Strasbourg avec les ultralibéraux !
C'est purement et simplement faux. Tous nos votes sont publics, consultables sur le site du Parlement européen et les journalistes qui ont enquêté l'ont d'ailleurs démontré. Nous sommes le Parti
démocrate européen. Nous partageons avec les libéraux européens, qui sont le plus souvent de centre gauche, une même vision des libertés, du droit, et des institutions. Mais en matière économique
et sociale, nos choix sont différents : nous sommes défenseurs des services publics, de la solidarité, de la cohésion sociale, vertu indispensable particulièrement en période de crise, y compris
pour une économie créatrice.
Si vous êtes réélue, vers qui ira votre préférence pour la présidence de la Commission européenne ?
Je ne voterai pas Barroso pour deux raisons : il a été trop suiviste à l'égard des gouvernements et ses choix sont trop marqués d'ultralibéralisme. Je voudrais qu'une majorité de députés
européens sortent de l'ambiguïté et soutiennent clairement l'idée d'une Commission différente. Il y a dans tous les courants des personnalités qui valent la peine. Nous avons avancé deux noms :
Guy Verhofstadt, ex-premier ministre belge, et Mario Monti, ancien commissaire européen. Mais d'autres peuvent aussi exister de la gauche et du centre droit. En tout cas, nous sommes ouverts à
toute candidature de rassemblement qui permette un autre choix.
En Ile-de-France, où vous vous présentez, comment jugez-vous la campagne de Rachida Dati pour l'UMP ?
J'ai une grande différence avec elle : je ne considère pas le Parlement européen comme une voie de garage ou un pis-aller. Sur nos listes, tous nos candidats sont engagés à 100 pour cent et
heureux de leur future mission de député européen. Il n'y a rien qui vaille davantage la peine que de travailler en même temps à l'avenir de la France et de l'Europe.