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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /2009 06:28

Dans un entretien accordé au quotidien "Le Figaro", mercredi 21 octobre, Marielle de Sarnez, députée européenne et première vice-présidente du Mouvement Démocrate, s'exprime sur le projet de loi de finances du gouvernement, sur la dette galopante de la France et du projet de grand emprunt, sur la réforme territoriale voulue par Nicolas Sarkozy, ainsi que sur le positionnement du Parti socialiste sur l'échiquier politique français.

 

LE FIGARO. La discussion du projet de loi de finances s'ouvre aujourd'hui à l'Assemblée. Quel regard portez-vous sur notre situation budgétaire ?

Marielle de SARNEZ. Nous allons dans le mur. Le déficit de la France a augmenté de 350 % en deux ans ! La moitié des dépenses de l'État est maintenant financée par l'emprunt. Selon le rapporteur général du budget lui-même, Gilles Carrez, la charge de la dette va progresser de 20 milliards pour dépasser la somme de 60 milliards d'euros, et représenter alors une fois et demie la totalité de notre impôt sur le revenu. Nous ne pourrons pas vivre éternellement au-dessus de nos moyens. Quant à la situation économique, je ne vois pas l'éclaircie annoncée. La Bourse remonte, mais le carnet de commandes des entreprises reste désespérément vide. J'ajoute que le monde agricole est au bord de l'explosion. Dans ces moments de grandes difficultés, le pouvoir devrait dire la vérité aux Français et ne pas leur raconter d'histoires en faisant croire qu'on peut éternellement s'endetter sans que jamais personne ne paye.

Martine Aubry préfère un grand plan de relance à un grand emprunt. Qu'en pensez-vous ?

Je trouve que cette proposition ne tient pas. Un plan de relance tourné vers la consommation et financé par de la dette, c'est pire encore que ce que le gouvernement s'apprête à faire avec le grand emprunt. Pour moi, l'action la plus pertinente aurait dû être un plan d'investissement conçu au niveau européen, financé par l'émission d'euro-obligations. En France, mieux vaudrait réfléchir à la question des charges qui pèsent sur le travail. Aujourd'hui, quand on est entrepreneur, on est conduit à rechercher le mode de production le moins favorable à l'emploi. C'est l'inverse de ce qu'il faudrait faire. De la même manière, nous n'échapperons pas à une réforme fiscale de grande ampleur.

Martine Aubry n'a pas invité le MoDem à la première réunion de sa «maison commune» pour 2012. N'est-ce pas l'échec du camp de l'alternance voulu par François Bayrou ?

Le PS est devant ses choix. Soit il décide de s'enfermer dans des logiques politiques d'hier, et même d'avant-hier, soit il décide de s'ouvrir, de s'adapter au monde de demain, et de faire évoluer sa pensée sur certains points. Pour ma part, je suis convaincue que les Français aspirent à un projet d'alternance crédible. Ils ne veulent pas que le marché décide à leur place. Mais ils ne veulent pas non plus que l'État décide de tout. C'est pourquoi nous n'économiserons pas nos forces pour que tous ceux qui souhaitent un autre projet pour la France puissent réfléchir à l'avenir ensemble.

Que pensez-vous des propositions de Nicolas Sarkozy sur la réforme territoriale ?

Je pense utile de simplifier le paysage territorial. Mais je trouve que Nicolas Sarkozy fait les choses à l'envers. Il commence par supprimer la taxe professionnelle, crée des conseillers territoriaux sans s'interroger sur leurs compétences, et propose une loi électorale qui nie les identités et le pluralisme. C'est le contraire de ce qu'il faut à notre pays.

Propos recueillis par Rodolphe Geisler.

Par MoDem76-5 - Publié dans : Echanges
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /2009 13:15

Dans un entretien accordé au quotidien "Le Monde" daté du 11-12 octobre, François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate, s'exprime sur l'état actuel de la France.

Prix Nobel à Barack Obama, gouvernance de Nicolas Sarkozy, affaire Mitterrand, dette et déficits, suppression de la taxe professionnelle, les perspectives relatives aux élections régionales de 2010.... François Bayrou revient sur tous ces sujets qui font l'actualité.

 

Le Monde : Barack Obama méritait-il le prix Nobel de la paix ?

François Bayrou : Cette récompense arrive tôt, très tôt. Disons qu'elle salue des intentions et un changement de cap plutôt que des résultats effectifs. En ce sens, c'est un grand défi que les Nobel lancent à Obama. Il faut qu'il obtienne des résultats. Mais au moins a-t-il en peu de mois changé l'image des Etats-Unis dans le monde, et donc un peu aussi l'équilibre du monde. Ce peut être un grand tournant.

L'affaire Mitterrand est-elle close ?

Qui peut savoir ? Lorsque M. Mitterrand a été nommé, ceux qui le nommaient savaient quels étaient ses écrits. Et certains sont violents, à la limite de l'insupportable, comme le genre de vie qu'ils décrivent. Pour moi, je crois et j'espère qu'un homme qui constate l'insupportable de sa vie peut changer. Mais sa fonction de ministre peut être rendue plus problématique...

Nicolas Sarkozy avait fait sa campagne contre Mai 68, faut-il faire l'inventaire de 1968 ?

Je n'ai jamais participé à la vindicte contre 68. Mai 68, ce n'est pas la cause de tous les maux, c'est la conséquence de mouvements très profonds de la société française, qui viennent de très loin. Dans l'héritage de 68, il y a des choses positives du point de vue des libertés, de la prise en main par chacun de son propre destin, d'un sentiment communautaire, et il y a des choses négatives, voire extrêmement négatives, la plus grave étant la dérive qu'on a tolérée et encouragée vis-à-vis de l'enfance et de l'adolescence. Une société qui expose les enfants est une société barbare. Sur ce point, il y aura un jour nécessairement interrogation.

L'ouverture participe-t-elle du brouillage idéologique ?

L'ouverture à la mode Sarkozy, ce n'est pas le dépassement des frontières que j'appelle de mes voeux, c'est la société de communication, du spectacle. On prend non pas des idées, des consciences, mais des figures médiatiques, pour abuser l'opinion publique. Mon idée de l'ouverture est exactement le contraire : la situation de la France est tellement grave qu'il sera impératif de traiter la crise sous forme d'une union nationale. Dans l'infinie dégradation qu'il connaît, depuis l'éducation jusqu'à la justice, ce pays exigera qu'on sorte de l'affrontement des camps et du simplisme pour choisir une voie nouvelle et reconstruire - car il s'agira bien de reconstruire - un pays équilibré.

Pourquoi un tel catastrophisme ?

Voyez ce qui vient de se passer en quelques jours. Dans la même semaine, le gouvernement propose de subventionner les élèves pour qu'ils viennent en classe. Il livre le pactole du marché des jeux sur Internet à des intérêts privés, bookmakers et autres, au mépris des principes que la France respectait depuis 150 ans : le jeu, parce qu'il est dangereux, est organisé par l'Etat. Il annonce que le déficit de l'Etat atteint 50 % de la dépense publique ! Et le fils du président de la République se voit installé (à 23 ans et sans aucune compétence particulière) à la tête de l'établissement public d'aménagement du quartier de La Défense, un des intervenants les plus puissants dans l'aménagement au niveau européen. Tous les piliers solides sur lesquels notre pays s'était construit, en termes de principes, de décence, de raison, chancellent et s'effritent. Cela rappelle l'Empire romain.

Quel est le principal défi de l'après-crise ?

La dette : chaque heure de la journée, quand on fait une dépense publique de 1 000 euros, il faut en emprunter 500 ! Ce déficit a augmenté de 350 % en deux ans ! Et contrairement à ce qu'on dit, les choses ne vont pas s'arranger. Comme Jean Peyrelevade l'a montré, la charge de la dette est devenue telle qu'il ne peut y avoir de rétablissement à politique constante. Pendant des années et des années, tout le travail des Français sera ponctionné pour rembourser, notamment à l'étranger, cette charge qui a été constituée à leur insu. Ce déficit, désormais, fait boule de neige : il semble hors de tout contrôle. Notamment si les taux d'intérêt augmentent. Pour inverser la tendance, il faudra un immense effort national, Etat, collectivités, citoyens. Cela ne se fera pas sans un changement profond, majeur, dans la politique du pays.

Faut-il poursuivre la réduction du nombre de fonctionnaires ?

On peut le faire, si cela n'est pas décidé à l'aveugle et si on sait réorganiser l'Etat. Mais il est illusoire de croire qu'on trouvera là les économies suffisantes.

Faut-il taxer les indemnités liées aux accidents du travail ?

Non, on ne peut pas les considérer comme un salaire normal. C'est la compensation par l'assurance d'un dommage subi. Et il y a souvent des pertes de revenus supplémentaires liées à cet arrêt de travail.

La réforme des collectivités va-t-elle dans le bon sens ?

L'idée principale, rapprochement des départements et des régions, je la défends depuis longtemps. Je suis donc disposé à la soutenir et à la voter, à une condition impérative : qu'il y ait une loi électorale juste, représentant équitablement les grandes sensibilités du pays, comme le fait la loi électorale allemande.

Comprenez-vous les réticences des élus ?

C'est normal, les élus ont envie de conserver leurs prérogatives. Mais le système actuel ne va pas. Il n'est plus possible de conserver deux institutions (départements et régions) avec des élus qui s'ignorent pour faire à peu près la même chose. Moi, je veux changer les choses. Le conservatisme n'est pas une solution.

Partagez-vous la colère d'Alain Juppé sur la réforme de la taxe professionnelle ?

Oui. Les collectivités ont reçu des assurances formelles et l'on découvre que ces assurances ne seront pas respectées. En vérité, quand un impôt est accepté, il faut y toucher avec prudence. Les intérêts qui pèsent sur la décision du gouvernement sont puissants. Mais les milliards qui seront rendus aux industriels les plus puissants, il faudra les prendre à de plus fragiles. Ce sont autant de décisions dont on n'a pas pesé les conséquences.

Après votre échec aux européennes, vous avez formulé une offre de dialogue publique à l'opposition. Avec qui allez-vous discuter ?

Ma démarche repose sur cette conviction : face à la dégradation du pays, au dévoiement de son projet national, il faut changer nos institutions, reconstruire complètement la pensée et cette révolution ne peut pas se faire camp contre camp, démagogie contre démagogie. Il faut donc que ceux qui cherchent l'alternance acceptent de se parler, de confronter leur point de vue, sans renoncer à rien de ce qu'ils sont, à leur histoire, à leurs idées. Cette idée avance, je le crois, et j'espère qu'elle se concrétisera dans les semaines qui viennent. J'essaie d'être l'accoucheur d'un espoir crédible pour le pays.

La percée des Verts ne contrarie-t-elle pas votre appel ?

Pourquoi donc ? Je les crois aussi attachés à sortir de l'impasse dans laquelle se trouve la France. Sur le fond j'ai une différence avec eux : l'environnement est un problème pour l'humanité mais je ne crois pas que les problèmes de la société française se résument à l'environnement. Les banlieues, les inégalités sociales, l'école, la santé, la situation des jeunes totalement abandonnés, celle des finances publiques ne se résument pas au problème de l'environnement.

Corinne Lepage et Jean-Luc Bennhamias vous poussent à un accord national avec les Verts. Y êtes-vous favorable ?

Le choix que j'ai fait depuis longtemps, c'est celui du rassemblement. Etre soi-même, et en même temps faire tomber les murs, dépasser les frontières. Avec les écologistes dans certaines régions ? J'y suis ouvert. Mais cela ne nous dispensera pas de construire nos propres forces.

 

Propos recueillis par Sophie Landrin et Arnaud Leparmentier

Par MoDem76-5 - Publié dans : Echanges
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Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /2009 13:52

La Commission européenne a présenté le 7 octobre dernier son plan pour financer la stratégie de développement des technologies énergétiques à faible teneur en carbone.

Corinne Lepage, députée européenne du Mouvement Démocrate et Vice-présidente de la Commission Environnement au Parlement européen, déplore "l'absence d'arbitrage clair sur le futur modèle énergétique européen", et regrette que "ce plan pose plus de questions qu'il n'en résout".

"Certes, la Commission rappelle à juste titre que l'Union Européenne dépend encore à 80% des énergies fossiles, et qu'il est impératif d'être en pointe dans le développement des technologies propres. Il s'agit d'un impératif écologique, mais aussi économique.

Ce plan me laisse néanmoins perplexe à plus d'un titre. Je suis d'abord très dubitative sur la proposition de continuer à consacrer une part essentielle du financement au nucléaire et aux technologies de capture et de stockage du carbone. En réalité, ce plan entretient l'ambiguïté sur les choix énergétiques européens sur le long terme. On continue à financer des technologies dépassées en attendant de voir si les nouvelles démontrent leur efficacité... mais où est l'arbitrage clair ? Cette attitude schizophrénique montre l'impérieuse nécessité d'un large débat public sur nos choix énergétiques, et donc sur les priorités de la recherche.
 
Par ailleurs, quelles seront les modalités concrètes de financement de ces recherches ?
 
Enfin, il ne faut pas laisser de côté le développement de sources d'énergies alternatives comme le chauffage/refroidissement vert, la géothermie, le solaire thermique, le petit hydroélectrique et l'énergie marémotrice."

Par MoDem76-5 - Publié dans : Echanges
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /2009 15:30

Dans un entretien au Journal du Dimanche, dimanche 4 octobre, François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate et ancien ministre de l'Education nationale, réagit sur le projet gouvernemental de donner de l'argent aux élèves en difficulté pour qu'ils aillent en classe.

François Bayrou y voit "une dérive inacceptable, un incroyable déplacement des valeurs de nature à troubler encore un peu plus les repères des enfants", ajoutant qu'avec ce gouvernement, "la France est entrée dans le cercle des pays qui considèrent que l'argent est la valeur prédominante".

 


JDD : Donner de l’argent pour que les élèves aillent en classe, c’est une solution ?

François Bayrou : C’est une histoire de dingue. Une dérive inacceptable, un incroyable déplacement des valeurs de nature à troubler encore un peu plus les repères des enfants. A l’école, l’argent ne devrait pas avoir droit de cité. L’école pour les familles est le ieu où ce qui compte n’est pas l’argent mais le savoir, le respect et l’autorité. Au fond, on en arrive à considérer que l’assiduité à l’école n’est pas une chance offerte à l’enfant, mais une attitude à récompenser. On ne peut pas fausser l’esprit des élèves à ce point. Dès l’instant où un tel principe est accepté, on peut craindre qu’il ne soit généralisé. Les enfants diront: "je ne viens pas parce que tu ne me donnes pas de thune!"

Mais en Angleterre, où, depuis 2008, des adolescents de 16 à 18 ans sont payés entre 11 et 33 euros par semaine pour aller en cours, ce type de mesures semble marcher…

C’est exactement la société dont je ne veux pas. Là-bas, l’école est payante et très chère. L’idée qu’il faudrait entrer dans un système de "marchandisation" de l’école est mauvaise. Payer pour aller à l’école ou se faire payer pour aller à l’école, c’est la même chose. Il faut se battre pour arracher l’école au monde de l’argent. Mais l’absentéisme a touché, l’an dernier, 438 000 élèves en France. Comment leur donner envie de suivre les cours ? C’est effectivement un chiffre inacceptable. Mais pour les ramener à l’école, il faut de l’autorité et des établissements différents. Quand j’étais ministre de l’Education nationale, j’avais créé des collèges "hors les murs" qui proposaient une formation moins académique et plus d’apprentissage. On y responsabilisait les adolescents, mais sûrement pas par le porte-monnaie.

N’est-ce pas déjà trop tard ?

Je me bats pour que la société ne soit pas asservie à l’argent, spécialement à l ’école. Nous sommes entrés dans un modèle de société où l’argent est considéré comme maître et seigneur. C’est comme si, au sein d’une famille, un parent disait à son enfant: "je te donnerai de l’argent si tu acceptes de venir manger à table ou de prendre une douche". Ils sont devenus fous !

N’est-ce pas la conséquence des précédentes politique d’éducation ?

Ce n’est pas vrai. Il y a quinze ans, l’école n’était pas dans cet état. Quand j’étais ministre de l’Education, 15% des enseignants disaient vouloir changer de métier ; aujourd’hui, ils sont 65 %. Je ne dis pas que c’était grâce à moi, mais les choses se sont vraiment dégradées. Je ne jette la pierre à personne, c’est difficile de diriger l’Education nationale.

Nicolas Sarkozy entend "mener une guerre sans merci contre les décrocheurs…"

Il faut livrer la bataille contre l’abandon des jeunes du système scolaire mais je ne suis pas sûr qu’il faille utiliser des termes aussi violents. Depuis des années, on passe son temps à tenir des discours va-t-en-guerre et en même temps tout s’aggrave dans les prisons, les banlieues, l’école.

Cela vous étonne-t-il que Martin Hirsch, haut-commissaireà la Jeunesse, cautionne ces mesures ?

De ce gouvernement-là, rien ne m’étonne. Avec eux, la France est entrée dans le cercle des pays qui considèrent que l’argent est la valeur prédominante. J’imaginais que Martin Hirsch ne serait pas partie prenante de ce système. Cela prouve que c’est tout le gouvernement qui va dans ce sens.

Est-ce pour vous une mesure symbolique du sarkozysme ?

Je ne vois pas par quel chemin un responsable de la République française peut en arriver à ce genre de réflexion. Ce sont des raisonnements courants dans la société britannique ou américaine, mais le principe est inacceptable en France. Tous les jours, l’école est contaminée par l’argent : ainsi les leçons particulières se généralisent, elles sont même déductibles des impôts, et rares sont les étudiants qui, aujourd’hui, réussissent le concours de médecine sans avoir recours à des "écuries d’entraînement". Il y a un moment où notre pays doit choisir son cap.

 

Entretien réalisé par Cécile Amar et Adeline Fleury.

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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /2009 20:39

"Une jeune femme est morte assassinée, parce que la société n'a pas fait son travail. Devant l'horreur de ce drame évitable, on nous annonce pour la énième fois une loi en urgence, qui à mon sens une nouvelle fois n'apportera pas de véritable changement.

Je rappelle que la castration chimique existe déjà, et qu'on ne peut pas la considérer comme le remède universel. D'abord parce qu'elle nécessite la prise régulière de médicaments et donc ne peut se faire qu'avec l'accord du condamné, et ensuite parce qu'elle ne supprime pas une partie de ses pulsions mentales.

L’hospitalisation d’office, qui concerne les personnes dont les troubles mentaux nécessitent un traitement thérapeutique et compromettent la sécurité des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l'ordre public, est également déjà possible, à condition qu’il y ait un diagnostic et une coopération entre les services judiciaire, de santé et du ministère de l’intérieur, qui sont aujourd’hui insuffisants.

Tant que la prison en France restera ce qu’elle est, tant qu’on n’aura pas de véritable prise en charge des condamnés à risques à l’intérieur même de la prison pendant qu’ils purgent leur peine, on n’obtiendra pas de résultats. On reste dans le domaine des effets d’annonce. Il faudra bien qu’un jour on entre dans une politique de vrais changements."

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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /2009 12:54

Invité de l'émission radio de Jean-Michel Apathie sur RTL, jeudi 24 septembre, François Bayrou a jugé qu'avec le projet de fiscalisation des indemnités pour accident du travail le gouvernement cible une fois de plus "les plus fragiles" alors que ceux "au sommet de la pyramide" sont "protégés".

Il s'est aussi exprimé sur l'affaire Clearstream en cours, en épinglant "l'ambiguïté de la position de Nicolas Sarkozy" dans l'affaire Clearstream, où il est à la fois "partie civile et garant de la justice", ce qui "est anormal".

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, François Bayrou.


François Bayrou : Bonjour.

Alain Duhamel a souligné le volontarisme du chef de l'Etat, hier, lors de son intervention télévisée, avant l'ouverture du G20. Ceci vous a-t-il convaincu, François Bayrou ?

Oui, c'était la mise en scène d'une action politique volontariste censée tout changer.

Vous êtes ironique !

La seule question qu'on se pose, c'est qu'est-ce qui change ? C'est les résultats qui manquent et je dirai que les résultats manquent de plus en plus.
 
Il y en aura peut-être, vendredi, des résultats puisque le chef de l'Etat parlait du G20 et de la réunion aujourd'hui à Pittsburgh.

On verra ! Il a beaucoup accentué sur les bonus des traders, comme on dit, c'est-à-dire des gens qui sont dans les salles de marché devant leurs ordinateurs ; mais pour moi, les traders ne sont pas la cause de la crise, ils en sont un symptôme mais pas du tout la cause de la crise. La cause de la crise c'est dans le mélange des genres des banques entre leur travail de protection de l'épargne du consommateur, des comptes en banque de vous, de moi et de tous ceux qui nous écoutent, et les risques insensés pris pour faire de la spéculation. C'est ce mélange-là, protection de l'épargne d'un côté et risques insensés : un jeu comme au casino de l'autre qui a entrainé de la crise. Est-ce qu'on porte remède à ça ? Jusqu'à maintenant, non. Et donc, c'est les résultats qui manquent et je voudrais bien que ce soit aux résultats qu'on s'intéresse.

Sur cette partie-là, on fera le point, demain soir, après le sommet du G20 à Pittsburgh. Le Président de la République a aussi évoqué beaucoup de problèmes de politique intérieure, il a notamment donné son accord au projet de soumettre à l'impôt les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale aux accidentés du travail. Nicolas Sarkozy a justifié ceci par le souci de l'équité fiscale. Pourriez-vous voter une telle mesure, François Bayrou ?

Sûrement pas. Sûrement pas, parce que ce que Nicolas Sarkozy - et l'UMP qui propose cette mesure - a oublié de dire qu'une personne qui est victime d'un accident du travail, c'est quelqu'un qui perd toute la partie de son salaire lié à l'activité, c'est-à-dire les primes, les heures supplémentaires, s'il en fait, et c'est une partie importante  du salaire sur bien des bulletins de salaire, et il perd 40% du salaire. Les indemnités pour accidents du travail, c'est si je ne me trompe pas, 60% du salaire pendant le premier mois. Eh bien, une personne qui perd toute la partie de l'activité liée à ces primes et 40% du salaire, simplement parce qu'il a été victime d'un accident pour aller à son travail, ou à son travail, il me semble qu'il ne devrait pas être la cible de : impôts nouveaux, et c'est lui qu'on va charger. Vous voyez...

L'argument de l'équité ne vous convient pas ?

Non. Tout se passe comme si en France, c'était toujours les plus fragiles qu'on ciblait. Les accidentés du travail, les mères de famille à qui on a annoncé, je ne sais pas si ça se fera, qu'on supprimait l'allocation pour élever des enfants...

C'est la Cour de Cassation qui a demandé une modification de la législation.


Non, non, pas du tout... Absolument pas. Là, vous évoquez les retraites des mères de famille...

Ah oui, pardon.

Et j'évoquais l'allocation pour éducation des jeunes enfants pendant les trois premières années. Mais ceux qui sont au sommet de la pyramide, ceux qui ont de très gros salaires, ceux qui ont des revenus et des patrimoines très importants, ceux-là sont protégés par la loi, ceux-là, on a décidé une fois pour toutes qu'on ne leur demanderait aucun effort. Et c'est ce déséquilibre-là, les plus fragiles ou en tout cas, ceux qui ne le méritent pas, ciblés et au contraire, les plus privilégiés protégés que je trouve anormal.

Alain Duhamel le notait, c'est un mot qui, aujourd'hui, est beaucoup commenté. Le Président de la République a utilisé le mot de "coupable" pour désigner les personnes actuellement jugées dans le procès Clearstream. Lapsus ou pas ? Comment avez-vous entendu, reçu ce mot ?

Ah, monsieur Freud aurait dit que c'était un lapsus révélateur. Et révélateur de quoi ? Révélateur de l'ambiguïté de la position qui est celle de Nicolas Sarkozy dans cette affaire. Il est à la fois, partie civile, c'est-à-dire celui qui a déposé plainte et qui se plaint et le garant de la justice, et même le supérieur hiérarchique du Parquet. Eh bien, ce déséquilibre-là, cette position anormale, elle ne devrait pas être acceptée dans une république qui a des principes.

Vous savez, le Président de la République ne peut même pas être appelé comme témoin devant un tribunal. Il ne peut pas être poursuivi quelque soient les faits qui lui sont reprochés. Il ne peut même pas être appelé ! Il me semble qu'il y a là un déséquilibre qui fait que naturellement, la situation qui est la sienne n'est pas normale.

Et si c'est un lapsus, après tout ça arrive à tout le monde des lapsus  !

Ca arrive à tout le monde.

Ca n'est pas plus grave que cela. La Justice de votre point de vue, peut rendre tout de même ou faire tout de même sereinement son travail ?

Ah j'espère que la Justice est suffisamment indépendante, que les magistrats sont suffisamment indépendants pour ne pas être, comment dirais-je, influencés par une décision de cet ordre. Mais c'est totalement anormal que quelqu'un puisse être partie civile et en même temps, supérieur hiérarchique de magistrats présents dans cette enceinte, des magistrats du Parquet, et en même temps garants à la tête du Conseil supérieur de la Magistrature de tous les magistrats de France.

Le Président de la République a aussi évoqué l'évacuation des immigrés à Calais, mardi. Eric Besson, à votre place, justifiait cette opération par la nécessité de faire appliquer, partout sur le territoire, la loi républicaine. Comprenez-vous comme cela, François Bayrou ?

J'aimerais bien que ce soit ça. Mais annoncer plusieurs jours à l'avance, une opération de police, ça veut dire que vous dites aux passeurs, aux trafiquants : échappez-vous ! Et deuxièmement, cette "jungle", comme on dit, puisque c'est le nom qu'on a donné à cet espace horrible dans lequel ils étaient, ça fait suite à Sangatte. Eh bien, vous vous souvenez Sangatte ? On avait mis en scène, on avait dit que : plus jamais ! Ce qui est frappant, c'est que la jungle c'était pire que Sangatte et que ce qu'on risque d'avoir ça risque d'être pire encore que la jungle.

Il ne fallait pas évacuer ?

Non, il faut garantir des conditions de propreté et de sécurité telles qu'il n'y ait pas d'espace hors droit sur le territoire national ; et dans cet espace qui serait un espace garanti et sûr, alors on pourrait faire œuvre de police, ce qui est nécessaire.

Alba Ventura, journaliste au service "Politique" de RTL, a recueilli une confidence qu'elle n'a pas pu vérifier. Donc je vais le faire en direct, François Bayrou : vous discuteriez avec Georges Frèche, d'une éventuelle alliance pour les élections régionales en Languedoc-Roussillon !

Eh bien je n'ai pas rencontré Georges Frèche depuis au moins cinq ans.

Et personne, chez vous, ne le rencontre ?

Et personne chez moi, ne le rencontre.

Pas d'alliance MoDem - Georges Frèche ?

Personne, chez moi, ne le rencontre. Je veux dire clairement à tous ceux qui spéculent sur des conversations souterraines, qu'il n'y a pas de conversations souterraines sur ces affaires de régionales et qu'il est clair que ce sera une décision de l'ensemble de notre mouvement, le jour où nous mettrons la question de la stratégie pour les régionales, à l'ordre du jour.

Les pendules sont à l'heure ! François Bayrou était l'invité de RTL, ce matin. Bonne journée.

Par MoDem76-5 - Publié dans : Echanges
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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /2009 12:47

Meglena Kuneva, commissaire européenne responsable de la Protection des consommateurs, présente mardi 22 septembre 2009 un rapport accablant sur les frais bancaires en Europe qui pointe du doigt certains pays dont La France. Cette présentation est réalisée alors que vient d'être publié l'indicateur semestriel de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF qui indique que les plaintes des consommateurs contre les banques françaises sont en nette augmentation : + 15,1% ).

Robert Rochefort, député européen du Mouvement Démocrate, s'est entretenu jeudi 17 septembre avec Meglena Kuneva la commissaire européenne en charge du droit de consommateurs. Pour Robert Rochefort : « La France figure en Europe, parmi les pays champions en matière d'opacité des frais bancaires. Non seulement, pour certaines banques, nous sommes en présence de frais couteux et incompréhensibles pour leurs clients mais cela va jusqu'à des frais cachés. »

« L'existence de ces frais cachés ou de structures de frais très complexes rend bien évidemment les comparaisons de prix d'une banque à l'autre très difficile pour les citoyens, ce qui explique peut-être que seuls 9% des consommateurs dans l'UE aient transféré leur compte courant vers une autre banque ces deux dernières années. »

L’ancien directeur du CREDOC a dénoncé la « volonté manifeste pour certaines établissements de compenser une partie de leurs pertes par des hausses globales de tarification bancaire avec notamment la création de nouveaux frais comme ceux pour la mise à disposition de chéquier. Le code de conduite volontaire adopté par le secteur bancaire au niveau européen, et qui devrait entrer en application en novembre prochain, est certes un pas dans la bonne direction, mais il semble d'ores et déjà insuffisant. D'autant que les résultats de l'enquête de la Commission tendent à prouver que la situation actuelle en Europe est contraire à l'application correcte du droit des consommateurs européens, en particulier à la directive sur les pratiques commerciales déloyales. Aussi, un débat ouvert sur un renforcement des règles européennes et de leur mise en œuvre effective par les Etats membres semble plus approprié que la simple mise en place d'un code de conduite volontaire par le secteur. »

 « Les frais bancaires sont malheureusement un problème récurrent en France. Je demande au gouvernement français d’agir avec fermeté et de prendre toutes les mesures nécessaires pour inciter les banques à améliorer le traitement des détenteurs de comptes. » a ajouté Robert Rochefort.

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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /2009 07:25

François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate, s'est rendu ce vendredi matin à la ferme des Nouettes à Aube dans l'Orne, à l'invitation de Jean Marie Vercruysse, agriculteur et président des maires ruraux du département.

Une occasion privilégiée de s'entretenir longuement avec les producteurs de lait du secteur sur la crise profonde qui les frappe.

À l'issue de ce long échange avec les professionnels, François Bayrou a réaffirmé sa solidarité avec les producteurs laitiers, en demandant de "changer de politique", et en rappelant la nécessité impérative de régulation et d'organisation de la production.

Il a ajouté encore : "Le sens de cette visite était de manifester de la solidarité avec un secteur agricole qui vit aujourd'hui un drame".

"La preuve est faite que la dérégulation dans ce secteur d'activité, c'est la mort de l'agriculture parce qu'elle ne peut pas supporter les à-coups de marché qui font que les prix s'effondrent", a estimé le député des Pyrénées-Atlantiques.

"Il n'y a qu'une solution possible : l'organisation de la production", a-t-il assuré, jugeant que "l'abandon des quotas laitiers est une catastrophe".

La grève du lait est "un mouvement européen, un mouvement qui appelle à une prise de conscience de l'urgence de la situation. Il faut changer de politique pour sauver quelque chose qui est infiniment précieux pour la France", a encore rappelé François Bayrou, soulignant que le déversement de milliers de litres de lait était un "crève-coeur" pour les agriculteurs.

Alors que "les prix du lait ne couvrent pas le coût de revient", les producteurs "sont désespérés et ne voient plus d'avenir pour beaucoup d'entre eux", a-t-il conclu.

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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /2009 07:22

Le Mouvement Démocrate dénonce vivement la décision du Gouvernement de supprimer le Défenseur des enfants. Il demande le maintien de cette autorité indépendante, plus que jamais nécessaire au respect des Droits de l'enfant en France.

C'est sans aucune concertation que le Conseil des ministres a étudié, mercredi 9 septembre, deux projets de lois qui suppriment l'Institution du Défenseur des enfants et noient ses missions au sein des nombreuses attributions d'un futur Défenseur des droits.

Alors qu'il s'agit là d'un sujet d'importance, ni les députés de l'opposition comme de la majorité, ni la Défenseure elle-même, n'ont été consultés.

 


À l’heure où Dominique Versini émet des critiques sur la situation des mineurs étrangers dans notre pays et où elle s’apprête à publier les résultats d’une vaste et novatrice consultation nationale de jeunes adolescents, la suppression de cette autorité apparaît comme une décision politique.

Elle prive en outre le Parlement d’une analyse indépendante sur les questions de l’enfance, notamment dans le cadre du projet de réforme de la justice des mineurs, qui sera mis au débat dans les prochains mois.

Rappelons que cette action va à l’encontre des préconisations du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies qui, dans son rapport du 22 juin 2009, a demandé au Gouvernement de « continuer à renforcer le rôle du Défenseur des enfants ».

Le Mouvement Démocrate en appelle au chef de l’État pour qu’il maintienne l’Institution du Défenseur des enfants, qu’il réaffirme son indépendance et garantisse ses moyens de façon pluriannuelle.

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Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /2009 07:28

Dans une interview accordée aux éditions du Parisien/Aujourd'hui en France, dimanche 30 août, Marielle de Sarnez, députée européenne et vice-présidente du Mouvement Démocrate, est revenue sur les sujets d'actualité, sur le dialogue avec les socialistes, ainsi que sur le choix de la stratégie à adopter pour les élections régionales de 2010, et l'échéance de l'élection présidentielle en 2012.

 

Le Parisien/Aujourd'hui en France : Félicitez-vous Nicolas Sarkozy d’avoir, mardi dernier, rappelé à l’ordre les banquiers ?

Marielle de Sarnez : Les recommandations verbales qui ne sont accompagnées d’aucun texte de loi ni d’aucune sanction sont rarement suivies d’effets ! Une question mérite d’être posée : l’activité des banques, telle qu’elle est pratiquée maintenant, est-elle réellement au service des entreprises, des familles, des épargnants, des investisseurs, ou bien la pratique de la spéculation financière l’a-t-elle emporté, multipliant les risques déraisonnables, qui plus est avec l’argent des autres ? Il est urgent de cantonner les activités spéculatives des banques pour mieux protéger les acteurs de l’économie réelle.

 

Approuvez-vous l’idée chère à Nicolas Sarkozy d’un grand emprunt national, sur laquelle Alain Juppé et Michel Rocard sont invités à plancher ?

Savez-vous que la France emprunte chaque jour 1 milliard d’euros ? La totalité de notre impôt sur le revenu ne suffit plus à payer la charge de la dette ! Dans quelques années, la dette représentera 100 % de notre PIB (NDLR : produit intérieur brut)! Alors, rajouter de la dette à la dette, c’est prendre le risque de supprimer toute marge de manoeuvre. Et si emprunt on devait envisager, je l’aurais voulu dans le cadre européen. Pour soutenir les PME et investir ensemble, solidairement, dans les infrastructures d’avenir.

 

La taxe carbone, n’est-ce pas, au nom des grands sentiments écologiques, un impôt de plus, que seuls les Français, dit Claude Allègre, auront à payer ?

Intégrer l’écologie dans notre fiscalité, ce peut être vraiment bien et utile, à condition que cela se fasse à prélèvement égal, et sans pénaliser les familles, surtout celles qui n’ont pas de grands moyens. Et il faut le faire au plan européen, de manière à ne pas déséquilibrer la compétition entre nous et nos voisins.

 

Ségolène Royal ne voit pas du tout les choses comme vous. Vendredi à La Rochelle, elle a récusé la taxe carbone, jugeant cet impôt « injuste et insupportable »…

La taxe carbone ne doit pas être mise à la charge des familles modestes. Ce serait honteux. C’est une question de justice sociale, et de justice tout court. Ce n’est pas là que se trouvent les pollueurs. Mais si nous voulons vraiment changer nos comportements et tout le monde voit bien combien il est urgent de le faire , alors il est nécessaire d’orienter notre fiscalité pour soutenir de nouveaux modes de production et de consommation.

 

Considérez-vous qu’on vit le début du commencement de la fin de la crise, qui a failli mettre la planète K.-O. ?

Je n’ai plus grande confiance dans les pronostics des experts. Le chômage continue d’augmenter. L’économie française détruit plus d’emplois qu’elle n’en crée et les jeunes, avec ou sans formation, sont les premiers concernés. La crise va laisser un terrain social meurtri. Bref, tout le monde se trompe en pensant que la page de la crise se tourne, qu’on va retrouver le monde d’avant avec ses facilités…

 

Pouvez-vous raconter l’évolution politique qui vous a amenée, vous l’ex-giscardienne, à poser dimanche dernier à Marseille avec les dirigeants du PS, des Verts, et même avec l’ancien patron du PC Robert Hue ?

Je suis allée à Marseille pour dire ceci : nous sommes différents ; vous êtes de gauche, socialistes ou écologistes, je suis au centre, mais si vous avez envie de faire bouger les lignes, de ne plus vous enfermer dans les vieux schémas du passé, dans les alliances d’hier, alors nous avons à faire ensemble. Vous savez, l’idée de faire travailler ensemble des gens venant d’horizons différents, ce n’est pas si éloigné de Giscard avec son fameux « deux Français sur trois ». Les enjeux sont si lourds que c’est encore plus d’actualité.

 

Diriez-vous : « Demain, tout plutôt qu’un second mandat de Sarkozy » ?

L’élection de 2012 dépassera de loin le problème de la personne de Nicolas Sarkozy. Il s’agira d’ouvrir un nouveau cycle, de bâtir un nouveau mode de développement plus sobre et plus durable, de penser différemment l’exercice du pouvoir, de donner à la France une société où l’on ait une vraie chance, même si l’on vient de milieux qui ne sont pas favorisés par la naissance ou la fortune. Voilà les enjeux.

 

A La Rochelle, Martine Aubry s’est interrogée vendredi sur votre compte, trouvant que les amis de François Bayrou sont encore bien loin d’avoir assez bougé, donc de pouvoir être classés à gauche. Vous-même, où vous situez-vous ?

Au centre. Parce que c’est là que l’on peut rassembler .

 

Le PS est-il, à vos yeux, historiquement condamné ?

Tous les partis politiques sont mortels s’ils ne se régénèrent pas. Je suis d’ailleurs frappée de voir à quel point la société avance sur un grand nombre de sujets, et à quel point les partis sont souvent à la traîne. Il y a le poids des habitudes. Et la peur de perdre son identité en s’ouvrant à d’autres. Moi, je suis convaincue du contraire. On peut évoluer, s’ouvrir, construire de nouveaux rassemblements, sans rien perdre de son identité. Plus on est fort et fier de son identité, plus on est à même de dialoguer avec d’autres.

 

Si les socialistes parviennent à s’entendre sur le principe de primaires ouvertes pour désigner leur futur candidat à la présidentielle, ne serait-il pas alors normal que François Bayrou figure dans la liste des candidats soumis au vote ?

Ces primaires sont faites pour régler la question du leader au PS. Elles ne concernent donc pas le centre. Et puis, en France, l’élection présidentielle est à deux tours, ce qui n’est le cas ni aux Etats-Unis ni en Italie, pays de référence pour les promoteurs de cette idée. On peut donc soutenir l’idée que la meilleure confrontation démocratique avec les Français reste le premier tour.

 

Quel est le premier reproche que vous faites à Nicolas Sarkozy ?

La société qu’il construit est de plus en plus déséquilibrée entre le haut et le bas. Demandez même au monde de l’entreprise : entre les « gros » et les « petits », les chances sont de moins en moins égales…

 

En quoi la France de François Bayrou serait-elle demain concrètement différente de celle de Nicolas Sarkozy ?

Toute l’action publique serait pour l’égalité des chances et l’égalité des droits. Les efforts seraient équitablement répartis entre le haut et le bas de l’échelle sociale. Et le pouvoir n’aurait pas tous les droits : il aurait plus de devoirs et moins de privilèges.

 

Etes-vous favorable dès les régionales de 2010 à la constitution de coalitions PS-Verts-MoDem ?

Nous allons en débattre avec les adhérents du MoDem. Personnellement, je suis pour affirmer d’abord notre identité et notre autonomie, et participer ensuite à des rassemblements plus larges, car personne ne peut gouverner seul, pas plus une région qu’un pays.

 

Quel président aura le plus marqué et le mieux servi la France ? Valéry Giscard d’Estaing ou François Mitterrand ?

Tous deux ont servi leur pays, avec un style profondément différent. Giscard a fait bouger la société française, Mitterrand a permis l’alternance. Tous les deux ont été de grands européens. Et tous les deux étaient des hommes de culture. Et ça compte aussi.

 

Le gouvernement prépare-t-il bien le pays à une possible pandémie ou bien, dans la lutte contre la grippe A, en fait-il trop ?

On n’en fait jamais trop en matière de santé publique.

 

Continuez-vous de croire à l’élection de François Bayrou en 2012 ?

Oui. Je la crois possible et nécessaire.

Par MoDem76-5 - Publié dans : Echanges
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