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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 07:35

Jeudi 4 février, François Bayrou s'est rendu en Haute-Normandie ; accompagné de Danielle Jeanne, chef de file du Mouvement Démocrate dans la région, il a rendu visite à des industries, y a évoqué l'emploi, et a conclu la journée dans la ville de Rouen, en inaugurant la nouvelle permanence du MoDem au 96 rue Jeanne d'Arc.

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Samedi 23 janvier 2010 6 23 /01 /2010 11:02

Devant un amphi plein à craquer, jeudi 21 janvier, François Bayrou a « planché » durant près de deux heures, sur le thème : y a-t-il une autre politique possible ?
"Oui, une autre politique est nécessaire face à la tentative du pouvoir de mettre en place une politique de forces et de réseaux où sont confondus intérêts publics et privés, comme l'affaire Proglio, après d'autres affaires équivalentes dans le monde de la banque, vient une nouvelle fois de l'illustrer. Il y a un groupe solidaire qui considère que les intérêts de l'Etat et du privé sont liés, et il s'agit là d'une rupture dans notre histoire, qui est une atteinte délibérée au principe de la séparation des pouvoirs. Principe de séparation et d'équilibre que nos philosophes ont été les premiers à penser et qu'il faudrait aujourd'hui renforcer, en y ajoutant comme le prônait le Conseil national de la Résistance, les pouvoirs économique et médiatique.

Oui une autre politique est nécessaire car il y a une incapacité du pouvoir à répondre aux questions fondamentales de la société : la dynamique de l’emploi et du développement industriel, l’égalité des chances à l’école, et la question des générations futures avec cette dette abyssale.

Oui une autre politique est possible et cette  politique est « simple », car tous les grands choix politiques sont des choix simples : rétablir une démocratie de plein exercice, avec une loi électorale juste et des règles qui interdisent aux intérêts financiers de prendre le contrôle des médias ; un contrat entre la nation et l’école, qui fixe des objectifs clairs et vérifiables pour rétablir l’égalité des chances à l’école, avec 100 % des élèves sachent lire et écrire à l’entrée en 6 ème ; une politique de reconquête industrielle qui repense les processus de production afin de relocaliser ; enfin, et c’est le plus dur, le retour à l’équilibre des finances publiques, avec une réforme fiscale juste et de grande ampleur. Et ceci est tellement difficile que ça ne se fera pas bloc contre bloc.

Oui, une autre politique est possible. Elle est à portée de main à condition que l’on se rassemble. Pour le long terme, pas pour le journal de 20 heures."

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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 12:28

François Bayrou a répondu aux questions du quotidien "Le Parisien", mardi 19 janvier :

Le Parisien : N'avez-vous pas l'impression que Ségolène Royal vous a « détroussé » en ralliant à sa liste des militants du MoDem ?
François Bayrou :
Ce sera surtout un coup d'épée dans l'eau puisque, comme dans toutes les régions, il y aura une liste MoDem en Poitou-Charentes au premier tour.
Elle sera conduite par Pascal Monier, un jeune et brillant universitaire enraciné à Angoulême comme à Poitiers. Un autre candidat à la candidature, dépité de n'avoir pas été choisi, est allé se rallier à Ségolène Royal ? Le mettre en scène, c'est du débauchage, pas le rassemblement. C'est bien ce qu'elle reprochait sur tous les tons à Sarkozy ! Quant à s'inviter constamment là où l'on n'est pas invitée, ce n'est pas une politique. Ça risque tout au plus de devenir un tic. Nous défendons un projet, une idée politique, démocrate et au centre, et cette idée ne saurait se ranger derrière le PS.

 

Le Parisien : Pourtant vous lui aviez proposé un arc centriste. Elle vous a pris au mot ?

François Bayrou : Le rassemblement commence par le consentement. Il faut que chacun soit respecté dans son identité, ses projets et ses candidats. Notre choix est celui du pluralisme, pas de l’alignement. Et c’est ce choix que nous voulons donner aux électeurs au premier tour.

Le Parisien : Avec qui ferez-vous alliance au second tour en Poitou-Charentes ?

François Bayrou : Avant de parler du deuxième tour, vivons le premier. On a besoin de renouvellement des idées et des personnes, y compris en Poitou-Charentes. Nous aurons la liberté de choix : soit le maintien au deuxième tour, soit une alliance constructive.

Le Parisien : D’autres responsables MoDem, par exemple de Cap 21, sont en dissidence. Ces régionales semblent à haut risque pour votre parti ?

François Bayrou : Comme dans tous les partis, à l’heure des élections, il y a des amertumes et des gens allant chercher des avantages ailleurs. Ce sont des démarches personnelles mues par des intérêts personnels. Il faut le prendre avec le recul nécessaire. Tous les votes sur notre ligne autonome et libre ont été unanimes.

Le Parisien : Ce week-end, Vincent Peillon organise un nouveau rendez-vous pluraliste. Irez-vous ?

François Bayrou : Je n’ai pas été invité.

Le Parisien : Qu’avez-vous pensé du « lapin » qu’il a posé à France 2 ?

François Bayrou : Quand on a pris un engagement, c’est mieux de le tenir. En même temps, en ces temps où l’on ne respecte plus rien, considérer qu’il y a crime de lèse-majesté dès qu’on dit un mot plus haut que l’autre sur les médias me paraît un peu abusif. Quant au débat sur l’identité nationale, tout le monde voit bien pourquoi on l’avait inventé et comment il dérape. Je n’accepte pas d’en faire un sujet d’affrontement entre Français où l’islam sert de repoussoir. L’identité nationale de la France, c’est le creuset où notre peuple se forme, à partir de tant d’origines différentes, autour d’un idéal, la République démocratique, sociale et laïque, et d’une langue, le français. C’est quelque chose qui devrait souder, pas quelque chose qui dresse les gens les uns contre les autres.

Le Parisien :
Martine Aubry a relancé le vote des étrangers aux élections locales. Nourrit-elle ces affrontements ?

François Bayrou : C’est encore choisir un sujet qui fait conflit. Il est au programme du PS depuis 1981 et après dix-sept ans de pouvoir les socialistes ne l’ont pas appliqué.

Le Parisien : Voyez-vous en elle la Merkel française ?

François Bayrou : Je la respecte, même si je n’ai pas toujours les mêmes idées qu’elle…

Propos recueillis par Martine Chevalet.

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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /2010 12:37

Invitée ce dimanche 17 janvier sur RTL, Marielle de Sarnez a réaffirmé la volonté du Mouvement Démocrate de proposer au premier tour des élections régionales des listes autonomes dans chaque région, dont celle de Poitou-Charente.
Regrettant les ralliements de quelques militants motivés par des intérêts personnels, Marielle de Sarnez a reproché à Ségolène Royal de pratiquer au niveau régional ce que fait Nicolas Sarkozy au plan national : le débauchage politique au prétexte du rassemblement.

Marielle de Sarnez a ainsi estimé que Ségolène Royal se trompait "en confondant débauchage et rassemblement". "Ces adhérents se sont mis d'eux même en dehors du parti, dont ils ne peuvent plus revendiquer l'étiquette, en ne respectant pas la décision unanime du Conseil national du MoDem en faveur de listes démocrates autonomes au premier tour", a-t-elle ajouté.

Concernant Ségolène Royal, Marielle de Sarnez a jugé qu'elle pratiquait "dans sa région ce qu'elle n'a cessé de reprocher à Nicolas Sarkozy au plan national, à savoir une politique de débauchage individuel".

"C'est choquant et pas respectueux de la part de quelqu'un qui explique qu'elle entend faire de la politique autrement. C'est aussi le contraire de la transparence parce que cela tourne le dos aux électeurs à qui il revient de choisir les majorités futures et le point d'équilibre de ces majorités", a-t-elle expliqué.

"A l'inverse de Ségolène Royal, je crois que les rassemblements futurs ne peuvent se construire que dans le respect mutuel des uns et des autres", a affirmé Marielle de Sarnez, ajoutant que ces ralliements de militants du MoDem étaient "individuels", des militants qui n'étaient pas "retenus sur les listes du parti démocrate et qui sont attirés par les avantages personnels qu'on leur a fait miroiter".

"L'ensemble du Mouvement démocrate en Poitou-Charentes est rassemblé derrière Pascal Monier, jeune professeur d'économie, ex-directeur de l'IUT d'Angoulème et vice-président de l'université de Poitiers qui fait tandem avec Elisabeth Delorme, conseillère régionale de Charente-Maritime", a conclu Marielle de Sarnez.

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Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /2009 20:28

Voeux de François Bayrou 2010
envoyé par mouvementdemocrate. - L'info internationale vidéo.

Je me joins à François Bayrou, pour vous souhaiter à tous, une excellente année 2010 !
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Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /2009 18:39

Marielle de Sarnez, députée européenne et première vice-présidente du Mouvement Démocrate, a accordé un entretien au quotidien "Les Echos", vendredi 13 novembre :

Les Echos : S'il a eu un retentissement médiatique, le mouvement initié cet été à Marseille n'a pas fait bouger les lignes jusqu'à présent. Pourquoi ?

Marielle de Sarnez : Les lignes ont commencé à bouger : la preuve en est notre rassemblement de Dijon. Le mouvement initié à Marseille est en marche. Il ne s'arrêtera pas. Bien sûr, il reste des conservatismes, des gens qui refusent de parler avec ceux qui sont différents d'eux. Mais je suis confiante : l'ouverture l'emportera sur la fermeture.

Ces réunions doivent permettre de jeter les bases d'un « contrat de gouvernement ». Est-ce l'ébauche d'une nouvelle « gauche plurielle » ?

S'il s'agissait de rebâtir la « gauche plurielle », je n'en serais pas. Au contraire, le mouvement auquel j'ai décidé de participer consiste à faire réfléchir ensemble des courants d'opinion différents, qui s'assument comme tels, et qui veulent trouver des solutions ensemble. Et si nous avons choisi de commencer par l'école, ce n'est pas un hasard : c'est le coeur même de notre identité républicaine.

Comment jugez-vous l'attitude de Martine Aubry, qui affirme « Si François Bayrou dit qu'il n'est plus de droite, je n'ai pas encore pu vérifier qu'il était à gauche », tout en étant elle-même alliée au Modem à Lille ?

Je dis à Martine Aubry quelque chose de très simple : François Bayrou est au centre par toute son histoire et par ses convictions. Un centre en opposition profonde sur les valeurs avec le pouvoir actuel, ses méthodes et son inspiration. Un centre ouvert, déterminé à tout faire pour que des rassemblements nouveaux voient le jour. Parce que, être capables de dépasser les clivages habituels, c'est la condition même pour qu'un projet d'alternance puisse voir le jour. Vous voyez bien ce qui est en jeu : la création d'un bloc central et progressiste le plus large possible, en capacité demain de représenter une alternative crédible.

La stratégie de la main tendue au PS et plus encore la présence de Robert Hue à vos côtés a fait grincer des dents au sein du Modem. Comment lever ces réticences ?

Pour construire des rassemblements, il faut avoir l'esprit large. Tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le pouvoir d'aujourd’hui ont le devoir de travailler ensemble. Ils doivent le faire en refusant toute forme d'exclusive. La peur de l'autre est toujours mauvaise conseillère. Même si c'est difficile, il faut accepter de se confronter avec ceux qui viennent d'autres horizons. Robert Hue s'est séparé de la direction du PC parce qu'il ne se reconnaissait plus dans sa fermeture. J'accepte que les gens puissent changer.

Propos recueillis par Pierre-Alain Furbury

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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /2009 21:08

François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate était l'invité de Laurent Bazin sur iTélé, jeudi 12 novembre.

François Bayrou s'est exprimé sur la campagne de vaccination contre la grippe A, sur les déclarations d'Eric Raoult à l'encontre de l'écrivaine Marie Ndiaye, sur la célébration franco-allemande du 11 novembre, sur la future présidence de l'Union européenne, et sur la probabilité d'une manipulation des sondages par le pouvoir.

François Bayrou est enfin revenu sur les élections régionales où le Mouvement Démocrate aura des listes autonomes au premier tour, tout en prônant une alternance indispensable pour la France en 2012.

Sur les sondages commandés par l'Elysée : le Président du Mouvement Démocrate a estimé "normal" et "nécessaire" le principe d'une commission d'enquête sur les sondages de l'Elysée, en invoquant un "problème démocratique profond".

"L'exécutif vit avec l'argent du budget des Français et il n'y a donc rien non seulement de plus normal mais de plus nécessaire que de voir le parlement enquêter pour savoir ce que l'on fait de cet argent", a-t-il affirmé, ajoutant "si le parlement n'est pas là pour contrôler l'exécutif, à quoi sert-il?".

"Je l'ai dit pendant la campagne présidentielle (...) il y a en France une utilisation anormale de l'argent consacré aux sondages et je suis persuadé que c'est un problème démocratique profond", a-t-il ajouté. "On a donc raison d'aller regarder de près la manière dont l'Elysée utilise l'argent des sondages".

"Il n'est pas sain que les instituts de sondages doivent considérer l'exécutif comme un client". "Que l'exécutif soit le plus gros clients de beaucoup d'instituts de sondages, il y a là quelque chose qui fausse les choses et les perspectives", a-t-il conclu sur ce sujet.

Sur les propops d'Eric Raoult à l'encontre de l'écrivaine Marie Ndiaye : François Bayrou a affirmé que "le devoir d'un écrivain, c'est de s'exprimer en toute liberté. Ce n'est pas un devoir de réserve, c'est un devoir de liberté".

"Qui sont ces gens qui veulent perpétuellement verrouiller la parole de ceux dont le devoir est de prendre la parole", a jugé François Bayrou.

Il a estimé n'être "pas choqué" par la teneur des propos de Mme NDiaye, même s'il ne "partage pas pour autant les adjectifs". "Quand un écrivain s'exprime, il peut avoir comme d'autres des écarts, de la colère".

"Mais je dis qu'un responsable politique UMP qui veut faire taire un intellectuel, c'est ne rien comprendre à ce qu'est la démocratie de l'esprit dans un pays", a précisé François Bayrou, ajoutant que "la démocratie de l'esprit, ça oblige à considérer qu'un écrivain, une femme ou un homme libre de sa pensée et de son expression, a la devoir de s'exprimer. On n'est pas dans un pays où on verrouille", a-t-il poursuivi.

"La France de Nicolas Sarkozy dérive en ce qu'elle ne respecte pas un certain nombre de principes auxquels nous sommes tous très attachés", a-t-il conclu.

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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /2009 21:05

Par sa politique en faveur de l'emploi, l'Union européenne est un acteur essentiel de la lutte contre le chômage et l'exclusion. Elle le démontre une nouvelle fois au Parlement européen avec l'examen en première lecture, d'un dispositif de microfinancement sensé permettre aux personnes qui sont privées d'emploi d'accéder malgré tout au crédit en vue de financer leur projet de micro-entreprise. Dans ce contexte de crise, le dispositif doit devenir l'une des priorités économiques et sociales de l'Union. Il exprime l'idée d'une meilleure réinsertion sociale grâce à l'esprit d'entreprenariat et le développement d'une économie de services fortement territorialisée.

Co-auteurs d’une série d’amendements, Jean-Luc Bennahmias et Marielle de Sarnez (ADLE-MoDem) ont souhaité ouvrir le champ des bénéficiaires aux micro-entreprises de l’économie sociale qui œuvrent dans le domaine de l’insertion et de l’accompagnement social. Outre la volonté de soutenir le secteur de l’économie sociale, l’objectif visé est d’autoriser le financement des structures qui encadrent le demandeur d’emploi et qui lui procurent, en amont de sa candidature au crédit, une stabilité économique, sociale et psychologique indispensable à la réussite de son projet. Jean-Luc Bennahmias et Marielle de Sarnez souhaitent que le parlement européen s'accorde sur l’importance qu’il y a à aider des candidats – souvent victimes des effets déstructurant des longues périodes de chômage – à réunir toutes les garanties de durabilité et d’effectivité des projets.
 
Au regard de l’importance de ces enjeux, il est essentiel de laisser le Parlement européen aller librement jusqu’au bout de la procédure d’examen des propositions relatives au dispositif du Microfinancement. Pour cette raison, nous nous félicitons de l’adoption (ce jour et à la quasi-unanimité) par le Parlement européen de la Résolution de la Commission emploi et affaires sociales qui invite la Commission européenne à retirer son projet de décision concernant le programme de travail annuel Progress pour 2010, le temps qu’un accord soit trouvé entre le Parlement, le Conseil et la Commission. Pour les eurodéputés français, l’initiative de la Commission excède ses compétences d’exécution. En proposant dores et déjà des mesures spécifiques visant la dotation financière du dispositif, la Commission restreint les marges de discussion et de décision des parlementaires.

L’accès au microcrédit est une réponse sérieuse à la crise actuelle. Le développement de l’économie sociale aussi. Il est donc essentiel que sur ces sujets, les institutions européennes prennent le temps de bien faire les choses et de montrer un peu d’audace!

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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /2009 13:09

Suite à une réunion à Matignon, mercredi 4 novembre, François Bayrou a mis en garde le gouvernement contre le "dérapage" des finances publiques.

Le Président du Mouvement Démocrate a également affirmé que "la raison" voudrait que le gouvernement "renonce" à son projet de grand emprunt.

"La situation est une situation de dérapage absolu. On ne peut pas imaginer un grand emprunt sans réfléchir à la situation qui est celle du pays aujourd'hui", a-t-il encore précisé.

François Bayrou a encore ajouté : "Aujourd'hui la charge de la dette c'est l'équivalent de la totalité de l'impôt sur le revenu des Français" ; "sur ce rythme là, on va à une catastrophe que probablement on sous-estime".

"J'ai dit au Premier ministre que la raison serait qu'on renonce (...). J'ai même proposé une voie alternative qui est la voie européenne", qui puisse "convaincre nos partenaires de faire un emprunt ensemble".

"Dans le débat, j'allais presque dire combat, qui a lieu aujourd'hui à l'intérieur du pouvoir actuel entre des gens comme Michel Rocard et Alain Juppé qui disent +s'ils vous plaît soyez raisonnables+ et qui évoquent des chiffres de 20/30 milliards+ (...) et d'autres qui disent +il faut 100 milliards+, nous sommes du côté des raisonnables", a rappelé le Président du Mouvement Démocrate.

"J'ai l'impression depuis le début que François Fillon est du côté des raisonnables, pas des déraisonnables. Je n'ai pas eu l'impression qu'il y avait contradiction entre sa pensée et ce que je développais comme analyse", a conclu François Bayrou.

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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /2009 06:34

François Bayrou était l'invité d'Agnès Soubiran, mercredi 21 octobre, sur France Info.

Le Président du Mouvement Démocrate est revenu sur la fin du procès Clearsteam et sur l'état de la Justice en France, sur la réforme des collectivités locales, la législative partielle à Poissy, et les élections régionales.

 


Agnès Soubiran : Bonjour François Bayrou. Merci d’être ce matin sur France Info. Dans l’actualité, on ne peut pas échapper au procès Clearstream : 18 mois d’inéligibilité à l’encontre de Dominique de Villepin, c’est un coup rude pour l’ancien Premier ministre…

François Bayrou : Je ne connais pas cette affaire de l’intérieur évidemment. Elle m’a toujours parue extrêmement mystérieuse, extrêmement embrouillée et me semble-t-il laisse perplexe tous ceux qui ont voulu s’approcher du dossier. Mais vous voyez bien à quel point il y a des déséquilibres. Le président de la République ne peut pas être accusé devant un tribunal, il ne peut pas être appelé à témoigner devant un tribunal, il est garant de l’indépendance de la justice, et il est au sommet de la pyramide hiérarchique dans laquelle sont les magistrats du parquet. Et le président de la République est partie civile dans cette affaire ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que le fléau de la justice n’est pas équitablement équilibré. Ce n’est pas une situation normale pour une démocratie. Le jour où l’on voudra que la France redevienne une république équilibrée, une démocratie qu’on peut regarder avec fierté, il faudra décider de l’indépendance de la justice, il faudra que la justice soit un pouvoir reconnu qui ne soit pas soumis au pouvoir exécutif en place.

Nicolas Sarkozy qui est partie civile dans cette affaire est à mi-mandat. Il a lancé une réforme territoriale, le département et la région restent, mais désormais les élus territoriaux siégeront dans les deux instances. C’était une réforme nécessaire, selon vous ?

En tout cas, comme vous le savez, c’est la réforme que j’ai proposée depuis 2002, parce que je trouve anormal ; et de ce point de vue-là, je partage le jugement du président de la République. Je trouve anormal qu’il y ait deux élus qui gèrent deux institutions, deux collectivités locales, le département et la région et qui soient totalement étrangers l’un à l’autre. Comme si le travail des régions et le travail des départements étaient complètement opaques l’un par rapport à l’autre. Je trouve cela absurde, mais -et le « mais » est d’importance pour moi- il est même la condition de mon vote et de mon soutien : je ne soutiendrais pas une telle réforme, si elle sert en réalité de paravent à l’introduction d’une loi électorale qui visera à n’avoir plus que deux mouvements politiques en France, le PS et l’UMP. Or, on part tout droit, si on n’y fait pas attention, vers un système électoral qui est absolument scandaleux de ce point de vue-là, parce qu’elle fait qu’il ne pourra plus y avoir en réalité -sauf marginalement pour faire semblant- que des élus du système bipartisan, et le système bipartisan est selon moi quelque chose qui nuie a la démocratie, au bout du compte, au pays.

Vous parlez de votre soutien ; le MoDem s’est abstenu de donner des consignes de vote lors de la législative partielle de Poissy ; c’était pour mieux préserver des chances d’alliance ?

C’est une décision qui a été prise parce que le candidat socialiste qui était opposé à David Douillet -que nous avions fait élire à la mairie de Poissy parce que c’était la fusion des deux listes qui avait fait le même nombre de voix qui l’avait fait élire- avait indiqué que grosso modo il ne s’intéressait pas à notre soutien. Je trouve que dans ce cas-là, il est légitime de dire « excusez-nous, mais nous ne sommes pas des distributeurs automatiques de soutien !». Nous sommes une famille politique dans l’échiquier politique français, une famille très importante, très marquée, la famille politique du centre progressiste et démocrate en France. Elle a ses racines au centre ; cette famille politique n’a pas à s’aligner sur quelque domination que ce soit. Nous l’avons refusée à droite, nous ne le ferons pas a gauche. Nous sommes ouverts, nous avons la main tendue, nous sommes prêt a dépasser les frontières. C’est même pour moi tout à fait essentiel, excepté quand on ne nous montre pas tous les signes qu’on souhaite. C’est uniquement un alignement et rien d’autre. Dans ce cas-là, évidemment, nous conservons notre liberté, en particulier à Poissy, que ceci est tout à fait déterminant quand les moments sont cruciaux.

Je reviens sur le fond en une phrase. Il y a deux visions de ce qui se passe en France. Il y a ceux qui croient que ce qui se passe est normal, soit qu’ils s’en réjouissent, soit qu’ils la regrettent. Mais au fond, ils pensent que l’un dans l’autre, ça va. Et il y a ceux qui comme moi pensent, et je suis sûre que beaucoup de ceux qui nous écoutent ont une impression du même ordre. Qu’ils pensent que la situation du pays est très grave, que tous les piliers auxquels nous croyons, et qui faisaient notre pays et son projet et la République -sans vouloir employer de grand mots- que tous ces piliers sont en train de se déliter et de s’effriter. Il y a quelque chose de grave et d’irréversible, qui est partie avec cette occupation de tous les centres de décision par la même équipe, le même cercle, la même proximité de Nicolas Sarkozy. Il y a donc des gens qui trouvent que cette situation s’aggrave, qu’elle ne s’améliore pas hier. Dans « Les Echos », le patron d’Eurocopter -le producteur d’hélicoptères- a annoncé que le cahier des charges était en baisse de 70%. Et les agriculteurs qui nous écoutent dans leur cabine de tracteur, ils voient en ce moment avec désespoir leur situation en train de leur échapper. Et bien tout ceux-là qui pensent que c’est grave, il faut qu’ils acceptent que d’une manière ou d’une autre, un jour, nous aurons à travailler ensemble, et donc cela interdit le sectarisme.

Justement, pour les régionales de mars 2010, les négociations avec les Verts et avec les socialistes ont l’air tout de même assez mal parti ?

Oui, mais il n’y a pas de négociations ; ce n’est pas dans cette esprit là que nous sommes. J’ai dit que nous sommes autonomes, indépendants, que nous sommes dans la situation de ceux qui veulent donner un nouveau projet pour le pays. Mais nous sommes ouverts, nous avons la main tendue en disant qu’il y a, dans certaines régions, des gens qui considèrent qu’on peut gagner mieux sur un projet régional nouveau en associant des forces qui jusqu'à présent étaient séparées.

Pour l’instant, cela n’a pas l’air d’être vraiment le cas ?

Si vous lisez entre les lignes, vous verrez qu’il y a des débats très importants. Il y avait encore ce matin des articles entre ceux qui disent non et ceux qui disent attention, vous êtes sectaires et ça ne peut pas marcher comme ça. Le plus important n’est pas les tractations, c’est la situation dans laquelle la France se trouve. Tous ceux qui comme moi pensent que c’est grave ont le devoir d’une certaine manière de réfléchir à l’avenir ensemble.

Vous avez évoqué à demi-mot l’affaire Jean Sarkozy à la tête de l’EPA ; Marie Bové rentre en politique ; vous n’avez pas un enfant qui va rentrer aussi en politique ?

J’ai beaucoup d’enfants, comme vous le savez, passionnés de politique. Tous. Mais je ne crois pas qu’ils envisageront de rentrer en politique comme vous le dites. Cela me donne un peu envie de sourire ; je n’ai d’ailleurs rien contre Jean Sarkozy non plus. C’est à son père que je fais porter la responsabilité de ce qui se passe. Je voudrais dire que le pays dont je rêve est un pays dans lequel, les enfants qui ne portent pas un nom célèbre aient autant de chance que ceux qui en portent un. Et ceci est très important pour beaucoup de jeunes Français qui ont l’impression que les dés sont pipés, et qu’en réalité selon que vous soyez fils de puissant ou de célébrité, vous n’aurez pas les même chances. Et moi je veux un pays où tous les jeunes aient les mêmes chances.

Par MoDem76-5 - Publié dans : Echanges
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